• 141. Georges Moustaki - adieu l'artiste !23 mai 2013 : mort de Georges Moustaki.

    Il aura illuminé nos nuits d'ado autour du feu de camp. "Le Métèque" nous a donné le sens de l'humain et le respect d'autrui.

    Georges Moustaki aura cerainement marqué de sa voix douce cette longue série d'entretiens. L'artiste m' avait reçu chez lui sur l'Ile St-Louis, en me faisant un thé que je n'ai jamais oublié. En totale connivence, il avait sorti l'accordéon pour un concert à deux. Un privilège. Il avait insisté pour me ramener en moto mais le sachant déjà en retard j'avais refusé.   

    Georges a gardé son âme pure. Sa voix douce, sa musique continueront à nous transporter vers des îles ensoleillées d'amour, de tendresse et de liberté. A méditer... ranée ! 

    Retour sur l"interview réalisée en 95. Extraits de cette belle rencontre...

    Comment est né votre amour de la musique ?

    Je crois que la musique est entrée dans la vie de mon oreille quand j'étais enfant. J'aimais cela, écouter les disques en 78 tours, les valses de Strauss et les chanteurs d'avant et parès la guerre. la passion est venue avec certains interprètes comme Piaf, Trenet, Montand. Le jazz de la Nouvelle-Orléans a été aussi un facteur important. Petit à petit, la musique est entrée en moi. (Silence) Avec un ami, on fabriquait des instruments à nous en essayant de reproduire ce que l'on entendait. On jouait d ela guitare à notre manière en la tenant à plat sur nos genoux.

     

    On sent plus un goût qu'une vocation ?

    C'est totalement vrai. Mais peut-être que le déclic a été bizarrement représenté par le destin. J'ai un ami qui était d'Egypte comme moi, on a grandi ensemble et on s'est retrouvé à Paris. Il voulait chanter et m'avait demandé de l'accompagner au piano. et à travers lui ... (silence et regard intense)

    Je réponds à une question que l'on ne m'a jamais posée de cette manière et je retrouve comment la musique est entrée dans ma vie (troublé). C'est cela. J'étais juste un ami qui pianotait pour lui faire plaisir. Et cela m'a plu. la vie, les coulmisses, les auditions et aussi les notes que je faisais pour le servir.

    Vous avez attrapé le virus ?

    Oui. Il m'a un peu contaminé, alors j'ai écrit des chansons. J'ai rencontré Georges Brassens qui m'a écouté et qui a vu qu'il y avait matière à faire quelque chose (sourire). Petit à petit je me suis laissé glisser vers cette profession que je n'avais pas prévu de faire avec une détermination très, très solide.

    Les rencontres ont-elles été influentes ?

    Il y a eu Brassens puis Henri Salvador qui était l'une de mes idoles. puis bien sûr il y a eu Piaf. ces gens là m'ont amené à avoir une certaine exigence. il fallait mériter l'attention qu'ils avaient pour moi. Je me dis que même aujourd'hui si Brassens ou Piaf écoutaient une de mes chansons, je ne voudrais pas qu'ils aient à rougir de moi.

    On vous sent presque redevable ?

    Au fond, une chanson ce n'est pas innocent. Une chanson raconte plein de choses. Tout ce qu'il y a dans cette amison (en nous montrant du doigt) c'est la musique qui me l'a apporté. je ne peux pas la trahir car je lui dois trop. Trop de plaisir, trop d'aventures, trop de voyages, d'amitié et d'amour.

    Vous avez écrit pour Piaf, Reggiani, Barbara... quelle est l'équation d'une bonne chanson ?

    L'émotion bien exprimée (sourire).

    "Le Métèque" a eu du mal à démarer. faut-il laisser du temps aux chansons ?

    Chaque chanson a une carrière qui lui est propre. Concernant Le Métèque, je ne pensais pas que cela allait démarer. C'est parti un peu contre toutes mes prévisions, mes attentes. Je ne pensais pas non plus qu'elle irait là où elle est allée, avec une carrière assez longue dans autant de pays. Elle doit donc être porteuse et dégager des émotions et en produire pour qu'elle fasse le bonheur de ceux qui l'écoutent. Elle a eu du mal car elle ne rentrait pas dans le cadre établi. Et puis le mot juif dérangeait. et quand quelque chose dérange, on le met dans un tiroir et on referme celui-ci. Heureusement pour moi des gens comme J-L Foulquier, José Arthur, Dnise Glaser l'ont poussée gentiment sur les ondes. 

    L'artiste que vous êtes a t-il véritablement trouvé sa place ?

    (Hôchement de tête) Qu'est-ce que je peux demander de plus ? J'ai reçu plus que je ne pouvais demander (rires). J'ai fait des rencontres extraordinaires dans tous les domaines. aujourdh'ui je suis rempli de cela. Je ne dis pas que je suis comblé car il y a toujours une demande. je crois que j'ai un palmarès de rencontres qui m'impressionne moi-même.

    Votre chanson d'amour préférée ?

    J'ai un grand faible pour Lily Marlène. la chanson est très poignante. La voix de Marlène Diétrich est sensuelle, féminine.

    ...

    Vous avez milité pour la justice, la liberté, la non-violence. Peut-on se faire entendre ainsi sans élever la voix ?

    (Déterminé) J'ai fait la preuve que l'on pouvait dire beaucoup de choses et durer avec une économie vocale. Je peux chanter fort. mais je n'aime pas. La chanson est quelque chose qui doit être le plus naturel possible. C'est l'art du naturel et de l'émotion. J'essaie de chanter comme je parle, comme je suis... Il ne faut pas se prendre pour un messie, sous prétexte que l'on écrit quelques chansons. Il faut avoir une grande conscience de la modestie de notre métier malgré tout ce qui entoure un artiste comme battage et adulation. 

    Le succès peut-il être destabilisant ?

    Oh oui ! On peut convoiter le succès car il flatte l'ego et cela permet de faire ce que l'on aime. mais il faut être lucide car le succès est fragile et perturbe sérieusement. pour moi, il y avait des amis qui n'osaient plus m'appeler. D'un seul coup on leur échappe, on appartient à la... masse. Idéalement, j'aimerais voir que le bon côté du succès (large sourire). Et puis... (long silence) continuer à être anonyme.

    ...

    Adieu Monsieur Moustaki et... merci pour tout.

    Fait le 23 mai 2013. 

     

     


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  • 140. Marie Girondé - artiste peintre et sculpteurDate : vendredi 10 mai 2013

    Lieu : à son atelier à Thorigny

    Durée : plus de deux heures

    Titre de l'article : L'art et la lumière

    Particularité : un entretien après avoir assisté à la fin de son cours

    Le premier coup de coeur a lieu chez Laurent Gevrey, mon dentiste latignacien, qui a accroché une toile lumineuse dans son cabinet d'attente. De quoi prendre racine avant de passer sur le siège et prendre un autre rendez-vous avec la peintre reconnue Marie Girondé.

    Sven, son agent fait habilement le lien et on se retrouve en plein cours dans l'atelier de Thorigny. Marie, dans cette ambiance à la fois studieuse et décontractée, se fond dans ce paysage magique avec de multiples toiles en cours de création. 

    Exceptionnelement on lui propose de prendre de suite des photos sans avoir eu le temps de se connaître. La peintre ne semble guère aimer l'objectif mais on s'installe à ses côtés en observant sa minutie sur une toile magnifique qui interpelle. Le journaliste curieux ne peut mettre la pédale de frein pour quelques questions sur une oeuvre belle comme le jour et avec des papillons qui intriguent.

    La peintre se détend, donne quelques pistes dans ce jeu amusant. On se sent bien dans cet atelier et surtout aux côtés de cette femme qui inspire le respect mais aussi le plaisir de la découverte.

    On monte à l'étage et dans le show-room,pièce  inondée de lumière et de tableaux, on entre dans le vif du sujet en slalomant toutefois dans les cicatrices d'une enfance lointaine. Tout devient limpide dans cette discussion où les yeux font l'essentiel. Avec douceur et profondeur...

    Toute l'énergie du créateur passe dans ses tableaux et dans ses cours distillés avec respect et amour. La douce Marie se livre et lève elle même quelques barrières soigneusement cadenassées jusque là. Le ton est convivial avec de douces effluves d'une amitié naissante. Le tutoiement devient une évidence. Les confidences aussi. L'interview passe au second plan de cet échange riche et amusant, doux et sensible. 

    Comme dans un tableau l'esquisse laisse place à la recherche de multiples éléments d'un puzzle qui se met en place. Après une bise claquée comme un tube de peinture ouvert délicatement, il nous a semblé que nous refermions un joli conte d'une vie qui éclabousse la toile de nouvelles couleurs éclatantes de vitalité. Une manière de regarder les étoiles briller sur ses toiles magiques. 

    La phrase : "Quand un tableau est terminé et s'en va, je tourne une nouvelle page..." 

    Site de l'artiste : www.marie-gironde.com


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  • Date : 1er mai 2013

    Durée de l'entretien : 20 minutes environ

    Particularité : la chanteuse pop suédoise pa139. Frédrika Stahl - chanteuserle parfaitement notre langue.

    Titre de l'article : File 7 file doux pour la jolie suédoise

    Juste avant de passer au File 7 de Magny, la jeune et jolie chanteuse suédoise, bien installée dans sa chambre d'hôtel à Istanbul où elle avait donné un concert électrique la veille, a répondu avec une voix aussi enjouée que suave à nos questions. Comment ne pas être sous le charme de la beauté venue du Nord ?

    A 28 ans, Frédrika possède déjà derrière elle 4 albums en ayant découvert très jeune la musique de jazz. Autoditacte, le reine de la pop, mélancolique à souhait et un brin rêveuse s'amuse du terme de pop raffinée. C'est son droit le plus strict. La tête bien faite, dans tous les sens du terme, elle se considère encore en phase d'apprentissage et n'aime guère faire les choses à moitié en commençant toutefois à lâcher prise. Une excellente idée pour que l'émotion s'échappe en nappes bleutées sous sa chevelure blonde comme les blés. Une jeune femme discrète mais talentueuse qui avance à pas feutrés sur le chemin escarpé du succès. 

    La phrase :"Je dois lâcher prise et laisser daire un peu plus..."


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  • 138. Jeff Panacloc - ventriloqueDate : 10 avril 2013

    Particularité : juste avant son passage sur la scène du Théâtre Luxembourg de Meaux

    Durée de l'entretien : 30 minutes

    Titre de l'article : Malins comme deux singes (titre trouvé par ma fille Cécile) 

    La vie est parfoise amusante et le chemins se croisent dans le plus pur des hasards. J'avais eu l'occasion de photographier Damien lors d'un reportage d'un spectacle théâtral de fin d'année dans le collège de ma fille Cécile. Certainement son premier article dans le journal. Devenu célèbre en quelques mois grâce à Patrick Sébastien qui lui a ouvert les porte de son émission du samedi soir, Jeff et son singe Jean-Marc ont acquis une grande notoriété. Le jeune homme est resté le même et savoure cette reconnaissance du milieu du show-biz et du public. 

    Avec des textes corrosifs, Jeff allume avec un malin plaisir les vedettes bien implantées dans un confort douillet. Cela balance sec mais avec un humour qui se balade entre franche rigolade et ironie non aseptisée. Rien de méchant pour ce ventriloque fort doué qui semble s'amuser de son don fort travaillé tout de même mais qui excelle dans l'art de l'improvisation. 

    Avec son regard qui découvre le monde, Damien n'est dupe de rien et sait que le chemin est encore long pour s'imposer dans cette profession de ventriloque qui a perdu beaucoup de notoriété ces dernières décennies. Qu'importe, Jeff et Jean-Marc donnent un sacré coup de plumeau à cet art où il est délicat d'avoir la reconnaissance du ventre. 

    Damien veut tracer sa route et après avoir été mis idéalement sur l'autoroute par un Patrick Sébastien bienveillant, il va falloir sortir de la voie royale (ou voix royale) pour continuer de s'amuser et surtout continuer de surprendre sur les chemins de traverse à travers la France profonde. 

    La phrase :" Ma référence suprême reste Laurent Baffie mon maître absolu dans cette discipline de l'impro..."

     

     


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  • 137. Véronique Sanson - chanteuse Lieu : Muzik'Elles de Meaux

    Particularité : un concert qui a mal tourné pour une artiste n'étant en pleine possession de ses moyens.

    Un peu (beaucoup)à  contre-courant nous avons adressé "quelques mots d'amour",( le titre de l'article) à l'artiste malmenée sur scène. Les courriers et réactions négatives des lecteurs n'ont pas tardé. Seul Yves Duteil nous a adressé la semaine suivante une réaction positive par amitié avec son amie. 

    Voici l'article faisant suite au concert

    "On attendait depuis des années ce rendez-vous, relevant certainement du domaine de l'amour avec celle qui a bercé notre adolescence. En soulignant au passage quelques maux de notre vie d'adulte. Voir Véronique Sanson pour de vrai, fermer les yeux pour l'écouter simplement jouer du piano fait partie des moments forts d'une vie, de ces petits plaisirs qui n'ont pas de prix car du domaine de la jouissance.

    Bien entendu, les milliers de spectateurs à Meaux ont diversement apprécié et ressenti ce spectacle qui a tourné au pathétique tant la grande artiste était dans un état second. On peut comprendre le public.

    Rarement il nous fut donné de vivre un tel moment même si l'attitude de Véronique a fait qu'elle ne réponde pas à ce que l'on peut attendre d'un concert payant. Il y a eu en fin de compte beaucoup d'amour et d'indulgence de la part des musiciens et du public pour dépasser les règles de la bienséance.

    L'émotion était certainement trop grande pour celle qui trouve dans la puissance de ses accords et la force de ses textes un moyen d'exprimer sa souffrance. Chacun a trouvé une résonance dans ses chansons qui renvoient vers le chagrin et à cette immense solitude et même détresse que l'artiste a montré au grand jour.

    Plus Véronique faisait peine à voir et plus notre amour s'est renforcé pour cette femme belle de l'extérieur mais aussi de l'intérieur. Une femme vraie, authentique. Ce joyau, pur comme un diamant, avec le talent que l'on lui connaît a donné la pleine mesure dans sa propre démesure. Cette souffrance, extirpée au plus profond des entrailles a déchiré chaque spectateur et l'artiste s'est retrouvée seule malgré un sauvetage désespéré de Florent Pagny et des musiciens.

    Dans cet exercice de bouée jetée à la mer (jamais à l'amer), nous avons été sensibles à la démarche du maire J-F Copé qui a accepté certainement d'accomplir sur scène le plus grand moment de solitude de sa carrière politique. Tout le monde a tenté de sauver Véro de la noyade. Le public, enfin, la maigre partie qui est restée jusqu'à la fin, a fait écran pour lui éviter de sombrer dans ce vide terrible. Un instant d'intimité d'une rare pureté. 

    Quand elle a quitté enfin la scène, désertée depuis longtemps par ses musiciens, chacun a respiré pour elle.  On aurait juste voulu lui murmurer en coulisses "quelques mots d'amour"... Alors, on va lui crier avec du recul et sur du papier qui n'est pas à musique. On vous aime Véronique. S'il vous plaît, ne rendez plus les choses plus pathétiques qu'elles ne le sont. Cela fait trop de mal.Ppour le reste, pas d'inquiétudes, on vous a déjà pardonné. Mais ne vous faites plus de mal car vous en faites au public. Parfois les maux font mal. trop mal... "


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